Comment fonctionnent les baguettes de sourcier ?

Ce que le corps, l’inconscient et la science nous apprennent

Comment fonctionnent les baguettes de sourcier ? Ce que le corps, l’inconscient et la science nous apprennent


Je me souviens encore de la première fois où mes baguettes ont bougé. J’avais 18 ans, j’étais curieux… mais franchement sceptique. Je les tenais devant moi et, sans avoir l’impression de faire quoi que ce soit, elles se sont mises à s’orienter. La question arrive immédiatement : qu’est-ce qui fait bouger les baguettes de sourcier ?

Pendant longtemps, on a parlé de don, d’énergie mystérieuse ou même de baguettes « attirées » par l’eau. Pourtant, une partie du mécanisme est aujourd’hui beaucoup plus simple à expliquer : le mouvement vient de notre propre corps, par des micro-contractions musculaires dont nous n’avons pas conscience.

Et c’est précisément là que, pour moi, le sujet devient passionnant.
Car si les baguettes ne sont pas magiques, elles peuvent devenir un formidable miroir : une sorte de télévision branchée sur nos ressentis.

Comment fonctionnent mécaniquement les baguettes de sourcier ?

Avant de parler d’inconscient, de sensitivité ou de science, commençons par quelque chose de très concret : la mécanique des baguettes coudées.


foncionnement baguettes coudees de sourcier

Les baguettes coudées en L sont généralement constituées d’une poignée et d’une tige qui peut tourner très librement. Lorsque vous les tenez devant vous, les longues tiges agissent comme des leviers. Une rotation minuscule de la main, parfois trop faible pour que vous la ressentiez consciemment, peut ainsi produire un déplacement très visible à l’extrémité de la baguette.

C’est ce qui explique l’impression si troublante que « la baguette bouge toute seule ». Vous ne décidez pas forcément de tourner la main. Pourtant, votre corps produit un mouvement et l’outil l’amplifie.

Les baguettes rendent visibles de petits mouvements de la personne qui les tient.

Poids, équilibre et liberté de rotation : pourquoi la qualité mécanique compte


Le poids des tiges, leur longueur, leur équilibre, la friction dans la poignée et votre façon de les tenir influencent directement la fluidité du mouvement. Une paire de baguettes coudées bien équilibrée rend les petits mouvements plus lisibles. Une paire qui frotte, pique du nez ou est tenue avec trop de tension crée au contraire du bruit mécanique.

Baguettes coudées de radiesthésie

Cela ne signifie pas qu’une baguette plus chère « sait » davantage de choses. La qualité de fabrication améliore surtout le confort, la finesse du mouvement et la lisibilité du signal. Le véritable moteur reste votre corps.

C’est aussi pour cette raison que je conseille de travailler d’abord la tenue et la stabilité des baguettes avant de chercher à interpréter quoi que ce soit. Si votre outil tourne déjà dans tous les sens au repos, comment distinguer ensuite un signal d’une simple tension ?

L’effet idéomoteur : pourquoi les baguettes bougent sans que vous le décidiez

Le nom scientifique le plus utile pour comprendre ce phénomène est l’effet idéomoteur.

Portrait de Michel-Eugène Chevreul, chimiste français ayant étudié le mouvement du pendule et de la baguette divinatoire

L’idée n’est pas nouvelle. Au XIXe siècle, Michel-Eugène Chevreul étudie le pendule et montre que de très petits mouvements involontaires de l’opérateur peuvent suffire à entretenir ou orienter son oscillation. Le physiologiste William Benjamin Carpenter développera ensuite la notion d’action idéomotrice pour décrire des mouvements produits en lien avec une idée, une attente ou une représentation sans décision consciente explicite.

Ouvrage de Michel-Eugène Chevreul sur la baguette divinatoire et le pendule explorateur

Des travaux plus récents continuent de documenter ce principe. Une revue historique publiée en 2011 décrit notamment comment les mouvements non conscients de la main peuvent être amplifiés par un pendule. La théorie idéomotrice moderne, étudiée en psychologie cognitive, s’intéresse plus largement au lien entre représentation d’un effet et production de l’action.


Démystifier les baguettes ne les rend pas moins intéressantes

Certaines personnes vivent cette explication comme une déception : « Ah… donc c’est moi qui fais bouger les baguettes ? »

Pour moi, c’est exactement l’inverse.

Si une force extérieure attrapait les tiges, les baguettes seraient surtout un objet étrange. Mais si c’est votre corps qui les met en mouvement sans que vous en ayez toujours conscience, alors la question devient beaucoup plus intéressante : qu’est-ce qui, en vous, a provoqué ce mouvement ?

Autrement dit, toute la magie ne se trouve peut-être pas au bout des baguettes. Elle se trouve dans cette incroyable capacité du corps à réagir avant même que notre intellect ait tout compris.


Notre corps et notre cerveau traitent bien plus que ce qui arrive à notre conscience

Quand j’utilise l’expression « le corps capte », je ne veux pas dire que la science a démontré que notre organisme détecte une veine d’eau cachée ou une énergie invisible. Ce serait aller beaucoup trop vite.


énergie baguettes coudées

En revanche, les neurosciences montrent clairement qu’une partie importante du traitement de l’information se déroule sans accès conscient. Notre cerveau analyse en permanence des signaux sensoriels, ajuste notre posture, prépare des mouvements, compare des situations à nos souvenirs et déclenche des réactions physiologiques sans que nous ayons besoin de nous raconter mentalement tout ce processus.

Une revue de l’Annual Review of Neuroscience publiée en 2022 fait justement le point sur les preuves de traitements perceptifs sans conscience, tout en rappelant que l’étendue exacte de ces traitements reste débattue.

Et les fameux « 11 millions de bits par seconde » ?

Vous avez peut-être déjà lu que notre inconscient traiterait 11 millions de bits par seconde alors que notre conscience n’en traiterait que quelques dizaines. Ce chiffre est souvent repris et apparaît dans certaines publications secondaires, mais il ne faut pas le transformer en vérité gravée dans le marbre.

Des travaux récents discutent plutôt d’un débit très faible pour certaines fonctions cognitives conscientes de haut niveau, autour d’une dizaine de bits par seconde selon certaines estimations, tout en soulignant que les traitements sensorimoteurs non conscients brassent énormément plus d’information. Le chiffre exact dépend donc surtout de ce que l’on appelle « information » et de ce que l’on mesure.

Pour notre sujet, le message important est plus simple : ce dont vous avez conscience n’est qu’une partie de ce que votre système nerveux traite et de la manière dont votre corps réagit.

Freud, Jung… et l’inconscient moderne : attention à ne pas tout mélanger

Freud, Jung ou encore Laplanche ont chacun proposé des modèles de l’inconscient qui ont profondément marqué notre manière de penser la vie psychique. Ils parlent notamment de contenus, de désirs, de souvenirs, de symboles ou de dynamiques qui peuvent agir sans être immédiatement présents à la conscience.

Baguettes de radiesthesie voie royale inconscient

La neuroscience moderne ne parle pas exactement du même « inconscient ». Elle étudie plutôt des traitements non conscients : perception, mémoire implicite, automatismes, régulation corporelle, préparation de l’action… Les deux approches peuvent nourrir une réflexion sur ce qui échappe à notre conscience immédiate, mais elles ne doivent pas être présentées comme si elles démontraient la même chose.

C’est précisément ce qui m’intéresse avec les baguettes coudées : elles nous donnent un prétexte concret pour descendre sous la partie émergée de l’iceberg et observer ce qui se passe avant que notre mental ait fabriqué une explication.


Les baguettes comme « télévision » de vos ressentis

J’aime utiliser une image très simple : les baguettes sont un peu la télévision de nos ressentis.

Votre ressenti intérieur est parfois diffus, discret, difficile à nommer.

Vous entrez dans une maison qui coche absolument toutes les cases : la bonne superficie, la terrasse au sud, le nombre de chambres, le budget… et pourtant quelque chose en vous dit : « Je ne me vois pas vivre ici. »

Ou on vous présente un projet professionnel très séduisant sur le papier, avec de belles promesses et des arguments rationnels impeccables, mais intérieurement vous sentez une contraction : « Je ne le sens pas. »

Cela ne veut pas dire que ce ressenti détient automatiquement la vérité.

Il peut être nourri par une expérience passée, une peur, un biais, une information sensorielle que vous n’avez pas consciemment identifiée… ou simplement par votre état du jour.

Mais il existe. Et au lieu de l’écraser immédiatement avec une feuille Excel ou une belle argumentation, on peut choisir de l’écouter, de le questionner et de le mettre en perspective avec les faits.

C’est là que les baguettes deviennent intéressantes dans ma pratique. Elles ne remplacent pas le raisonnement. Elles créent un pont entre ce que je vois et ce que je ressens, entre mon analyse consciente et une partie plus discrète de mon expérience intérieure.

Ce qui bouge au bout des baguettes commence par bouger en vous

Dans mes formations, le moment qui m’émerveille le plus n’est pas forcément celui où les baguettes partent brusquement vers une direction. C’est souvent celui où elles se stabilisent profondément.

Une personne arrive avec les épaules tendues, le mental très actif, les baguettes qui papillonnent dans tous les sens. Puis elle ralentit, respire, retrouve son corps, son ancrage. Et peu à peu les tiges reviennent naturellement à l’équilibre.

Accompagnement individuel pour apprendre à utiliser des baguettes de sourcier pendant un stage Sensitif.

Ce n’est pas une preuve scientifique d’une connexion invisible. C’est une expérience corporelle observable : un changement d’état, de tonus, de posture et de micro-mouvements se traduit immédiatement dans l’outil que la personne tient entre ses mains.

Et pour moi, cette expérience suffit déjà à comprendre une chose essentielle : les baguettes parlent d’abord de la personne qui les tient.

Alors, que détectent réellement les baguettes de sourcier ?

C’est ici qu’il faut être particulièrement précis.

Nous savons assez bien expliquer comment les baguettes de sourcier se mettent en mouvement : elles amplifient des micro-mouvements de l’opérateur.

En revanche, nous ne savons pas toujours ce qui déclenche ces micro-mouvements dans une situation donnée.

Plusieurs sources peuvent se mélanger : des informations visuelles, auditives ou tactiles, la connaissance du terrain, des indices appris par expérience, une attente, une croyance, une mémoire, une émotion, une variation de posture… et peut-être d’autres mécanismes que nous comprenons encore mal.

C’est pour cela que j’évite la phrase : « Les baguettes détectent l’eau. » Les baguettes ne détectent rien toutes seules. Elles rendent visible une réaction de l’opérateur.

La recherche d’eau : un bon exemple pour comprendre le débat

La recherche d’eau est historiquement le terrain emblématique de la sourcellerie. J’en ai moi-même fait de nombreuses expériences, notamment lors de recherches de veines d’eau et de profondeur, et j’ai consacré plusieurs vidéos à ces explorations.

recherche d'eau pour forage

Mais il faut distinguer deux questions très différentes.

Première question : un sourcier sur le terrain peut-il parfois contribuer à choisir un point de forage qui s’avère pertinent ? Des témoignages et certaines études de terrain rapportent des taux de réussite intéressants.

Deuxième question : existe-t-il un don spécifique permettant de localiser, en aveugle et indépendamment des indices sensoriels ou géologiques ordinaires, une eau cachée mieux que le hasard ? Là, les résultats scientifiques contrôlés sont beaucoup moins favorables.

Cette distinction est fondamentale. Si ma pratique consiste à « cartographier le monde par mes ressentis », alors l’ensemble des indices que mon corps et mon expérience peuvent intégrer fait partie de l’exercice.

Si je prétends en revanche posséder un sens mystérieux capable de détecter une cible cachée sans aucun indice, il faut alors accepter de tester précisément cette affirmation en double aveugle


Ce que les expériences scientifiques sur la sourcellerie montrent (et ce qu’elles ne montrent pas)

Les expériences de Munich : ce que teste vraiment un protocole très contrôlé

En 1971, une série d’expériences organisée avec le soutien de l’armée britannique et du Ministry of Defence est publiée dans Nature. La conclusion rapportée est que les résultats obtenus par radiesthésie ne sont pas plus fiables qu’une série de suppositions.

Les fameuses expériences de Munich des années 1980 ont constitué l’un des programmes les plus ambitieux jamais menés sur la sourcellerie. Environ 500 personnes ont d’abord été présélectionnées, puis 43 sourciers ayant obtenu les résultats les plus prometteurs ont participé aux essais critiques. Le dispositif était volontairement très contrôlé : le sourcier travaillait à l’étage supérieur d’une grange, tandis qu’un tuyau d’eau circulante était déplacé au rez-de-chaussée. Ni le sourcier ni l’observateur présent avec lui ne connaissaient sa position : il s’agissait donc bien d’un protocole en double aveugle.

Dans un autre volet du programme, des essais en extérieur ont même été réalisés les yeux bandés, avec des précautions destinées à neutraliser des indices comme le vent, la température ou les odeurs. Scientifiquement, cette logique se comprend parfaitement : si l’on veut tester l’existence d’une capacité spécifique, il faut isoler les variables.

Expérience de Munich sur les baguettes de sourcier avec un participant à l’aveugle

Photographie illustrant une expérience menée à Munich sur la sourcellerie et l’utilisation des baguettes de sourcier. Le participant réalise le test à l’aveugle tandis qu’un contrôleur relève l’endroit où la baguette réagit

Mais c’est aussi là que j’apporte une nuance. Si le travail réel d’un sourcier repose justement sur une perception globale du terrain, la vue, l’expérience, la géologie, l’hydrologie, les indices locaux et les ressentis, alors retirer toutes ces informations revient à tester une capacité beaucoup plus étroite que le métier de sourcier lui-même.

L’équipe initiale a estimé qu’un petit nombre de participants obtenait des performances remarquables. La réanalyse de J. T. Enright a ensuite fortement contesté cette conclusion : les bons résultats n’étaient pas reproductibles chez les mêmes personnes et pouvaient s’expliquer par la multiplication des tests et la sélection a posteriori des meilleures séries.

 Dans l’ensemble, une capacité spécifique et reproductible à retrouver le tuyau caché n’a pas été établie.


Ce résultat est important. Mais il répond à une question très précise : peut-on localiser une cible cachée quand on retire la quasi-totalité des informations ordinaires du terrain ?

Ce n’est pas exactement la même question que celle-ci : un sourcier expérimenté peut-il améliorer le choix d’un forage en situation réelle en combinant connaissances techniques, lecture du terrain et sensitivité ?

Betz et les forages en zones arides : quand rationnel et sensitif travaillent ensemble

En 1995, le physicien Hans-Dieter Betz publie dans le Journal of Scientific Exploration un travail détaillé sur des campagnes de recherche d’eau menées dans des zones arides dans le cadre de projets de la coopération technique allemande (GTZ). Dans l’un des projets décrits, environ 1 200 forages avaient été réalisés à la fin de 1990, avec un taux de réussite rapporté de 80 %, un forage produisant moins de 5 litres par minute étant compté comme « sec ».

Et le point qui me paraît essentiel est souvent oublié : les sourciers ne travaillaient pas seuls. 

Le protocole décrit d’abord des emplacements proposés localement, puis l’intervention d’une équipe hydrogéologique, avec notamment des méthodes géo-électriques, avant que deux sourciers soient chargés de préciser les points de forage. Autrement dit, le sensible n’était pas posé contre le rationnel : il venait s’ajouter à lui.

Pour moi, c’est beaucoup plus proche de ce qu’est réellement le métier de sourcier.

Un sourcier compétent n’est pas simplement une personne qui tient des baguettes de sourcier et attend qu’elles bougent. Il apprend à lire un terrain, s’intéresse à la géologie et à l’hydrologie, regarde les forages existants et les informations disponibles, accumule de l’expérience, puis ajoute à cet ensemble une lecture sensitive. Le sensitif est un ingrédient parmi d’autres  pas la recette entière.

Ce type d’étude de terrain ne permet donc pas d’attribuer précisément le résultat à chacun de ces ingrédients.

Mais si la question est opérationnelle, augmenter les chances de choisir un point de forage pertinent,ce mélange de compétences n’est pas forcément un défaut du protocole : c’est peut-être précisément ce que l’on cherche à évaluer. C’est aussi ce que je montre dans ma vidéo « Sourcier : les conseils d’un PRO », réalisée sur le terrain avec un professionnel.

Je préfère donc garder les deux informations ensemble :

les tests en aveugle n’ont pas établi de manière reproductible une capacité isolée à localiser une cible cachée ;

les travaux de terrain, eux, ont rapporté des performances opérationnelles intéressantes lorsque la recherche d’eau s’inscrivait dans une démarche plus globale.

L’un n’annule pas l’autre : ils ne testent tout simplement pas exactement la même chose.


Yves Rocard, magnétite, cryptochromes : où en sont les hypothèses ?

Le physicien français Yves Rocard a proposé que certains sourciers puissent réagir à de petites variations du champ magnétique terrestre et que la baguette amplifie ensuite une modification involontaire du tonus musculaire. Cette hypothèse a beaucoup marqué la littérature française sur la radiesthésie, mais les tentatives de validation rigoureuse n’ont pas permis d’en faire un mécanisme établi.

Il existe néanmoins un champ scientifique réel autour de la magnétoréception. Chez de nombreux animaux, la sensibilité au champ magnétique terrestre est bien documentée. En 2019, une équipe internationale comprenant plusieurs chercheurs du California Institute of Technology (Caltech) a publié dans eNeuro une étude qui a observé des réponses cérébrales spécifiques et reproductibles à certaines rotations d’un champ magnétique d’intensité comparable à celui de la Terre.


C’est fascinant, mais il faut résister à la tentation de relier immédiatement les points : cette étude ne montre pas que les participants avaient conscience du champ, ne teste pas la radiesthésie et ne démontre absolument pas qu’un sourcier localise de l’eau grâce au magnétisme. Elle montre seulement que l’hypothèse d’une sensibilité biologique humaine au champ magnétique mérite d’être étudiée.

Les auteurs de cette étude ont d’ailleurs obtenu, dans leur protocole, des résultats plus compatibles avec un mécanisme ferromagnétique par exemple à base de magnétite qu’avec l’hypothèse dite du « compas quantique » à cryptochrome. Voilà pourquoi je préfère aujourd’hui parler de pistes de recherche plutôt que d’invoquer trop rapidement la physique quantique pour expliquer les baguettes.

J’avais déjà développé cette vision dans ma vidéo « Baguettes de sourcier : ce que vous devez absolument savoir » : dépasser le fantasme de l’outil magique sans pour autant réduire notre sensitivité à quelque chose d’inutile ou d’irrationnel.


Le Mental et l’intention font partie du mécanisme, pas seulement des erreurs

Comprendre l’effet idéomoteur oblige aussi à regarder un sujet que les radiesthésistes aiment parfois éviter : nos attentes influencent potentiellement le mouvement.

Si je m’attends fortement à ce que les baguettes s’ouvrent, si j’imagine le mouvement, si je connais déjà l’emplacement d’une canalisation ou si je veux absolument obtenir un « oui », mon système moteur peut produire de minuscules ajustements sans que j’aie la sensation de les avoir décidés.

Des expériences avec le pendule de Chevreul ont montré que l’attention, les stimulations visuelles et l’imagerie peuvent modifier l’amplitude du mouvement. Cela ne signifie pas que « tout est faux ». Cela signifie que notre propre participation fait partie du phénomène.

Le biais n’est pas un ennemi : c’est une donnée à observer

Imaginez qu’un projet vous soit proposé.

Tout paraît merveilleux et, intérieurement, quelque chose vous dit non.

Vous décidez malgré tout d’y aller, puis le projet échoue. Il est très tentant de conclure : « Tu vois, mon intuition avait raison. »

Peut-être. Mais peut-être aussi que votre peur vous a fait agir différemment, que vous retenez surtout les éléments qui confirment votre première impression ou que des signaux objectifs avaient déjà été perçus sans être formulés consciemment.

La pratique sensitive devient beaucoup plus riche lorsque l’on accepte cette incertitude. Le but n’est pas de transformer chaque mouvement de baguette en prophétie, mais d’utiliser ce mouvement comme une invitation : qu’est-ce qui réagit en moi ? qu’est-ce que je perçois ? qu’est-ce que je projette ? qu’est-ce que les faits me montrent ?

C’est aussi tout l’intérêt de poser des questions courtes, simples et spécifiques, puis de garder une distance avec l’interprétation.

Signal ne veut pas dire vérité : le discernement reste indispensable

C’est probablement le malentendu le plus important à casser.

Une baguette qui bouge prouve une chose : il y a eu un mouvement. Elle ne prouve pas automatiquement que l’interprétation que vous lui donnez est vraie.

Si vous avez défini que le croisement signifie « oui », le croisement reste d’abord un mouvement que vous avez choisi d’interpréter comme « oui » dans une convention donnée. Ensuite commence le travail de discernement.

C’est pourquoi je distingue toujours le signal et ce que nous racontons sur le signal. Plus l’enjeu est important — santé, argent, sécurité, choix de vie — plus il est essentiel de confronter nos ressentis à d’autres informations et de ne jamais laisser les baguettes décider à notre place.

La chaîne que je retiens aujourd’hui

Si je devais résumer ma vision en une seule chaîne, ce serait celle-ci :

cycle sensoriel des res ressentis


Alors, à quoi servent vraiment les baguettes de sourcier ?

Pour moi, leur intérêt premier n’est pas la performance  mais cela ne veut pas dire que la performance n’a jamais sa place.

Il existe une formule populaire, souvent attribuée à Einstein  : elle consiste à rappeler qu’on ne juge pas un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre. 

J’aime beaucoup cette image pour nos ressentis. Si vous jugez votre sensitivité uniquement à sa capacité à produire une réponse exacte, reproductible et « performante » à chaque fois, vous risquez de la condamner à un test qui n’est pas son seul rôle.

exercice et exament pour valider nos ressentis

En revanche, lorsque l’objectif est concret  choisir un point de forage, par exemple la performance redevient importante.

Et là encore, je ne crois pas au « tout sensitif ». La justesse vient de la combinaison : compétences techniques, connaissance du terrain, données disponibles, expérience, observation et ressentis. C’est le rationnel et le sensitif, pas l’un contre l’autre.

Mais ce qui me passionne depuis mes 18 ans est ailleurs : utiliser un outil extrêmement simple pour remettre de la conscience dans nos ressentis.

Nous vivons dans une société qui valorise beaucoup l’analyse, la logique, les chiffres et le contrôle. Ces outils sont précieux. Le problème commence lorsqu’ils deviennent notre seul langage.

Les baguettes m’intéressent parce qu’elles ouvrent une autre porte : elles nous obligent à revenir au corps, à observer les tensions, l’intention, l’attente, la peur, la curiosité, l’élan. Elles nous rappellent que nous sommes aussi des êtres sensibles.

Alors non, je ne pense pas que les baguettes possèdent les réponses à toutes les questions de votre vie. Et je ne pense pas qu’il faille un don mystérieux pour les utiliser.

Je les vois plutôt comme un miroir. Un amplificateur. Une télévision posée sur vos ressentis.

Un pont entre ce que vous voyez et ce que vous sentez.

Conclusion : comprendre les baguettes, c’est surtout apprendre à mieux s’écouter

Comment fonctionnent les baguettes de sourcier ? Leur mouvement s’explique d’abord par notre propre corps : de petits mouvements involontaires sont amplifiés jusqu’à devenir visibles.

Ce mécanisme ne transforme pas les baguettes en détecteur infaillible. Il nous invite au contraire à faire preuve de davantage de discernement sur l’origine de nos ressentis, l’influence du Mental et la manière dont nous interprétons un signal.

Et c’est là, pour moi, que la pratique prend tout son sens : non pas obtenir toutes les réponses, mais apprendre à faire le pont entre notre monde rationnel et ce qui se vit plus discrètement à l’intérieur de nous.

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Ressources et références

  1. Effet idéomoteur — Shenefelt PD. Ideomotor signaling: from divining spiritual messages to discerning subconscious answers during hypnosis and hypnoanalysis, a historical perspective. American Journal of Clinical Hypnosis, 2011. Consulter la source
  2. Théorie idéomotrice contemporaine — Shin YK, Proctor RW, Capaldi EJ. A review of contemporary ideomotor theory. Psychological Bulletin, 2010. Consulter la source
  3. Pendule de Chevreul — Easton RD, Shor RE. An experimental analysis of the Chevreul pendulum illusion. Journal of General Psychology, 1976. Consulter la source
  4. Traitement sans conscience — Mudrik L, Deouell LY. Neuroscientific Evidence for Processing Without Awareness. Annual Review of Neuroscience, 2022. Consulter la source
  5. Débit conscient / traitement sensorimoteur — Sauerbrei BA, Pruszynski JA. The brain works at more than 10 bits per second. Nature Neuroscience, 2025. Consulter la source
  6. Magnétoréception humaine — Wang CX et al. Transduction of the Geomagnetic Field as Evidenced from alpha-Band Activity in the Human Brain. eNeuro, 2019. CaltechAUTHORS : Consulter la source — article : Consulter la source — figures et données disponibles sur la page eNeuro (article en CC BY 4.0).
  7. Expériences de radiesthésie — Foulkes RA. Dowsing Experiments. Nature, 1971. Consulter la source
  8. Expériences de Munich — Enright JT. Testing Dowsing: The Failure of the Munich Experiments. Skeptical Inquirer, 1999. Consulter la source — autre volet avec essais extérieurs les yeux bandés : Consulter la source
  9. Études de terrain — Betz HD. Unconventional Water Detection: Field Test of the Dowsing Technique in Dry Zones, Parts 1 & 2. Journal of Scientific Exploration, 1995. Source du texte : Consulter la source
  10. Yves Rocard — Le signal du sourcier, Dunod, 1962. Notice bibliographique INRAE : Consulter la source
  11. Vidéo Baguettes Sensitives — Sourcier : les conseils d’un PRO… vais-je trouver la source d’eau avec mes baguettes ? Consulter la source
  12. Vidéo Baguettes Sensitives — Trouver la profondeur d’une source d’eau souterraine avec des baguettes. Consulter la source
  13. Vidéo Baguettes Sensitives — Baguettes de sourcier : ce que vous devez ABSOLUMENT savoir (+ exercice). Consulter la source

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Et vous, qu'avez vous ressenti lorsque vous avez expérimenté pour la première fois vos baguettes coudées ?

 Livrez moi dans les commentaires votre retour d’expérience dans les commentaire

  • Françoise dit :

    Simple et compréhensible. Cela me permet de mieux comprendre le mécanisme des baguettes qui a toujours était pour moi un mystère !
    Et pour moi, la première fois que j’ai essayé les baguettes ben…il s’est rien passé !! on m’a dit que je n’avais pas le don ! c’est que quelques années plus tard que j’ai retenté et que cela a fonctionné 🙂

  • Guillaume dit :

    Merci Françoise pour votre retour. Effectivement les croyances sur le fait de devoir avoir un don pour pratiquer freine la progression (et cristallise la confiance dans nos ressentis) , mais à vous lire, cela me conforte dans l’idée de croire qu’au final nous revenons toujours à notre Essentiel 👏 bravo à vous

  • Chantal FREIS dit :

    Bonsoir Guillaume
    Je crois que nous nous étions rencontrés au salon des sourciers, j’étais avec mon compagnon.
    J’ai été fascinée de voir mes 2 baguettes tourner comme des girouettes devant une image en couleur de fleur de vie,
    cela s’est reproduit sur un lieu avec des pierres emplies d’énergie.
    Je ne sais pas ce que cela signifie, peut-être un ressenti de hautes vibrations ?
    de la joie ?
    Sinon je fais confiance à mes mains et à mon corps qui ressentent beaucoup de choses.
    Amicalement
    Chantal à Gondreville

    • Guillaume dit :

      Bonsoir Chantal,
      Oui tout à fait ! les salons sont toujours un moment d’échange et de partages privilégiés 🙂
      Les baguettes parlent de nous alors je pense que dans vos questions se trouvent également toutes vos réponses. Vous avez raison c’est au final votre corps et vos ressentis qu’il faut écouter, les baguettes ne sont qu’un pont !
      Bonne continuation à vous,
      Au plaisir de vous revoir

  • désolé mais je suis physicien professeur d’université et ai essayé les baguettes pour rechercher un tuyau d’eau chez moi et je ne comprends pas pourquoi à certains endroits elles tournent sans action de ma part…
    Il y a quatre forces connues en physique (gravité, électro magnétique, forte et faible) et je les connais bien, mais la je ne comprends pas…

    • Guillaume dit :

      Merci pour votre partage. Je pense que la réponse est plus simple et plus intérieure !
      Les baguettes tournent par effet « idemoteur » c’est à dire que que c’est Vous (ou plutôt une part de vous plus inconsciente) qui fait bouger les baguettes par de micromouvements involontaire.

      En clair, votre corps capte, et les baguettes retransmettent. L’invitation de la pratique est donc d’aborder le monde par le biais de nos ressentis.

      Cela vous éclaire ?

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